Deux espèces de mygales vivent en France métropolitaine, dont la Provence : Atypus affinis et Nemesia caementaria. Quand l’une d’elles apparaît dans une pièce, la question qui se pose n’est pas tant comment l’expulser, mais pourquoi elle est entrée. Comprendre l’origine de cette visite change la réponse à y apporter.
Atypus affinis et Nemesia caementaria : deux mygales de Provence à ne pas confondre
Le terme « mygale de Provence » recouvre deux espèces bien distinctes. Leur mode de vie, leur taille et leur rapport à l’habitat humain diffèrent, ce qui modifie la conduite à tenir.
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| Critère | Atypus affinis | Nemesia caementaria |
|---|---|---|
| Taille adulte | Nettement plus petite que les mygales tropicales | Légèrement plus grande qu’Atypus, reste de taille modeste |
| Habitat principal | Talus secs, pelouses rases, lisières ensoleillées | Garrigues, terrains calcaires, jardins du sud |
| Type de terrier | Tube de soie vertical, partiellement visible en surface | Terrier fermé par un opercule de terre et de soie |
| Période d’errance des mâles | Septembre à novembre | Automne, principalement |
| Dangerosité documentée | Aucun cas de morsure grave en France | Morsure rare, douleur locale passagère |
En pratique, la mygale que vous trouverez dans votre maison entre septembre et novembre est presque toujours un mâle en quête de femelle. Les femelles restent dans leur terrier, parfois pendant des années.

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Terrier de soie près de la maison : pourquoi chercher l’origine plutôt que la sortie
Le premier réflexe face à une mygale dans le salon est souvent de la capturer sous un verre pour la relâcher dehors. Cette approche résout le problème immédiat, mais elle passe à côté d’une information utile : un terrier se trouve probablement à quelques mètres de votre mur.
Les mygales de Provence ne parcourent pas de grandes distances. Si un mâle entre chez vous, c’est qu’une population s’est installée à proximité, sur un talus exposé au sud, le long d’un muret, ou dans un coin sec du jardin.
Comment repérer un terrier sans le détruire
Les tubes de soie d’Atypus affinis sont partiellement visibles à la surface du sol. Ils ressemblent à de petits doigts de tissu grisâtre, couchés sur la terre, souvent recouverts de débris végétaux. Pour Nemesia caementaria, l’opercule qui ferme le terrier se confond avec la terre environnante, mais un oeil attentif repère un petit disque de quelques millimètres, légèrement surélevé.
- Cherchez sur les talus secs et ensoleillés dans un rayon de quelques mètres autour du point d’entrée de l’araignée dans la maison
- Inspectez le pied des murs exposés au sud, les bordures de terrasses et les zones de terre nue entre les plantations
- Ne soulevez pas les opercules et ne tirez pas sur les tubes de soie, car détruire le terrier revient à condamner l’occupante qui a parfois consacré des années à sa construction
Repérer ce terrier vous donne deux avantages. Vous comprenez la trajectoire d’entrée du mâle (une porte mal jointée, un seuil surélevé, une fenêtre au ras du sol). Et vous pouvez agir sur ce point de passage sans toucher à la colonie.
Morsure de mygale en France : risques réels et conduite à tenir
Aucun cas de morsure grave documenté n’est attribué aux mygales françaises. Cette donnée mérite d’être posée clairement, car la confusion avec les mygales tropicales alimente une peur disproportionnée.
Le venin d’Atypus affinis et de Nemesia caementaria provoque au maximum une douleur locale comparable à une piqûre de guêpe. La réaction disparaît en quelques heures. En revanche, manipuler l’araignée à mains nues augmente le risque de morsure défensive, ce qui rend la capture sans contact préférable.
Les gestes adaptés si vous en trouvez une chez vous
- Ne la touchez pas directement : utilisez un récipient rigide (verre, bocal) et une feuille cartonnée glissée dessous
- Prenez une photo avant de la déplacer, car elle permet une identification fiable par un naturaliste ou via un forum spécialisé
- Ne tentez pas d’ouvrir un tube de soie si vous en trouvez un dans le jardin : la femelle protège ses oeufs et c’est la seule situation où elle peut se montrer agressive
- Relâchez-la à proximité de la zone où vous avez identifié le terrier, pas de l’autre côté du jardin

Espèce protégée et détention illégale : ce que dit la réglementation
La détention d’Atypus affinis est illégale dans l’Union européenne. Toute logique de capture pour garder l’animal en terrarium est donc non seulement inutile, mais contraire à la loi.
Cette protection reflète la fragilité de l’espèce. Les mygales de Provence ont un cycle de vie lent, avec une reproduction automnale et une croissance qui s’étale sur plusieurs années. La destruction de leur habitat (urbanisation, terrassement, traitements chimiques au sol) constitue la principale menace.
Si la présence d’un terrier dans votre jardin vous préoccupe, sachez que ces araignées jouent un rôle régulateur en consommant des insectes, des criquets, des scarabées et d’autres araignées. Un terrier actif dans un massif ou au pied d’un muret signale un sol vivant et un écosystème fonctionnel.
Fenêtre, seuil de porte, ventilation : bloquer les entrées sans nuire à l’espèce
Plutôt que de traiter le jardin avec un répulsif (dont l’efficacité sur les mygales n’est pas démontrée), agir sur les points d’entrée reste la méthode la plus proportionnée. Les mâles errants suivent les surfaces verticales et se faufilent par les interstices au niveau du sol.
Vérifiez les joints de bas de porte, les grilles de ventilation basses et les fenêtres de sous-sol. Un joint brosse ou une moustiquaire à maille fine suffit à empêcher le passage sans modifier l’environnement extérieur. La période critique se concentre entre septembre et novembre, quand les mâles quittent leur terrier.
La mygale de Provence n’est ni un nuisible ni un danger. Un mâle égaré dans votre couloir en octobre signale simplement qu’un bout de garrigue fonctionne encore à côté de chez vous. Identifier le terrier, sécuriser le passage, laisser la colonie tranquille : trois gestes qui règlent la situation sans la créer ailleurs.

