Le classement sans appel : 2 % des mammifères sauvages porteurs de pathogènes peuvent transmettre une infection à l’humain. La musaraigne, ce minuscule insectivore, s’invite dans ce lot restreint. Victime d’un coup de croc ou témoin d’une griffure, personne n’est totalement à l’abri d’un épisode infectieux parfois insidieux, même si la blessure semble anodine.
Musaraigne et transmission de maladies : quels risques pour l’homme ?
La musaraigne ne mérite pas vraiment sa réputation de nuisible. Elle n’est pas un rongeur et son mode de vie la différencie clairement des envahisseurs classiques. Mais malgré sa petite taille, elle peut héberger des bactéries ou des virus susceptibles de provoquer des maladies infectieuses chez la personne qui croise sa route. Des organismes sanitaires comme l’Institut Pasteur ou les Centres de contrôle rappellent régulièrement la réalité du risque après contact direct avec des mammifères sauvages, que ce soit en France ou ailleurs en Europe.
Le premier danger en cas de morsure, c’est la possible transmission de germes comme Streptobacillus moniliformis ou Spirillum minus, responsables de la rat-bite fever, une infection qui ne concerne pas uniquement les rats. Douleurs musculaires, fièvre récurrente, éruptions cutanées : parfois, l’évolution se complique rapidement. Les hantavirus sont plus liés à la souris et au rat, particulièrement par endroits en Rhone-Alpes ou du côté de Marseille, mais les spécialistes encouragent la vigilance pour tous les petits mammifères envahissants.
Quelques situations sont plus exposées que d’autres et méritent toute votre attention :
- Le contact à risque passe par la morsure, mais aussi par le sang, les excréments de rongeurs ou même les sécrétions
- Le danger augmente si la plaie n’est pas désinfectée ou chez les personnes au système immunitaire affaibli
- Sur les agents infectieux évoqués, aucun cas de transmission directe entre humains n’a été décrit à ce jour
Naturellement discrète, la musaraigne peut investir cabanes, recoins d’habitation ou s’approcher d’animaux domestiques. Ramasser un animal blessé, nettoyer une cage après le passage d’un chat chasseur, voilà des gestes qui multiplient les contacts sans qu’on s’en méfie. Même si la transmission de maladies zoonotiques par musaraigne reste occasionnelle, les épisodes notifiés au Canada, en France ou dans d’autres pays rappellent que le musaraigne, danger pour l’homme, ce n’est ni mythe ni exagération.
Reconnaître les symptômes après une morsure et agir sans attendre
Impossible de minimiser une morsure de musaraigne. Si la peau est entamée, la douleur peut vite se faire sentir et évoluer en gonflement ou en lésions cutanées aux bords irréguliers. Parfois, la zone pique, brûle ou démange, la rougeur s’étend au fil des heures.
Chez certaines personnes, la fièvre apparaît dans les jours qui suivent : elle s’accompagne souvent de frissons, de douleurs musculaires et d’une fatigue qui n’a rien d’habituel. Maux de tête, courbatures, apparition de petites taches rouges ou bleutées sur la peau, l’infection peut se manifester de plusieurs façons.
Pour repérer rapidement les symptômes évocateurs, gardez en mémoire les signes les plus fréquents :
- La blessure reste rouge et ne cicatrise pas, ou se met à suinter
- Douleurs musculaires localisées ou diffuses
- Une fièvre qui s’installe, parfois élevée
- Gonflement autour du point de morsure
- Éruption de taches ou de plaques rouges sur la peau
Ne négligez jamais ces signes, même s’ils semblent banals. Dès que la fièvre s’incruste ou que la plaie ne montre pas d’amélioration rapide, un avis médical s’impose. Généralement, la prescription d’un antibiotique comme la pénicilline ou la doxycycline permet de couper court aux complications les plus sévères. À chaque morsure, nettoyage immédiat et surveillance sérieuse restent incontournables.
La musaraigne a beau ne pas susciter la peur du rat ni l’image glaçante de la chauve-souris, elle porte en elle une menace discrète. Cachée derrière son museau effilé, elle ne fait pas de bruit, mais quand une blessure apparaît, la vigilance doit parler plus fort que la banalité du quotidien.


